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Archives Mensuelles: juin 2015

Cela fait un an que les chrétiens de Mossoul attendent leur libération

Chaque semaine, « La Croix » donne la parole à un chrétien d’Orient.
Sahar Mansour, professeur à l’université de Mossoul,a fui devant l’avancée de Daech  l’été dernier avec sa mère et sa sœur.
Elle est aujourd’hui réfugiée à Erbil, au Kurdistan irakien.

« Demain, le 10 juin, il y aura un an que la tragédie de l’exil des chrétiens de Mossoul a commencé. La croix est encore lourde sur leurs épaules et la douleur toujours plus profonde. D’autant que cet anniversaire coïncide avec celui– le huitième – du martyre du P. Ragheed Garni et de ses trois     sous-diacres Ghassan, Basman et Waheed, tués à bout portant alors qu’ils venaient de célébrer la messe le 3 juin 2007 à Mossoul.

Chaque jour, nous nous demandons : « Pourquoi avons-nous été chassés de nos maisons? Pourquoi sommes-nous toujours persécutés? Pourquoi faut-il avoir peur et devoir fuir?»

Les mois s’écoulent depuis notre exil : les paysans ne cultivent plus leurs terres. Cette année, pas de récolte de blé, d’orge, de fruits et de légumes. Ils ont appris avec tristesse que Daech a brûlé des terres agricoles et des centaines d’oliviers, célèbres dans les villages chrétiens pour la production d’huile d’olive et de savon.

Nous observons aussi le silence honteux des cheikhs et imams de Mossoul, à l’intérieur et à l’extérieur de la ville, comme s’ils étaient incapables de contrer le pouvoir des « takfiristes » (extrémistes islamistes) qui permettent à cette organisation de tenir.

Nous sommes confiants dans le Seigneur B continue à nous murmurer à l’oreille : «N’aie pas peur. » Mais malgré la mobilisation de nos patriarches, de nos évêques et de nos prêtres dans les médias, les confé­rences internationales, la situation est misérable: les chrétiens se sentent perdus, pauvres et déplacés dans leur pays, s’ils peuvent encore dire qu’il est le leur…

Les autorités nous font des promesses. Depuis le début, nous savons que notre problème ne sera pas simple à résoudre ; aujourd’hui nous sentons qu’il n’y aura pas de fin. Les gens espéraient la libération de Mossoul et de la plaine de Ninive, mais l’inverse s’est produit: les provinces sont tombées l’une après l’autre. Les exilés sentent que cette nouvelle vie n’est pas une parenthèse.

Certains d’entre eux gardent le sourire comme un symbole d’espoir et de force, ils veulent continuer à suivre leurs rêves. L’un d’eux s’appelle Samir Harraq. Il a neuf ans. Un garçon toujours joyeux, énergique, très intelligent. Depuis son plus jeune âge, il joue aux échecs comme un champion, il aime la musique et la lecture et a une grande passion pour les histoires de la Bible.

Depuis qu’il a fui Mossoul avec sa famille, il reste un exemple de fermeté. À l’école, il est premier C’est seulement parce qu’il est chrétien et qu’il n’a pas pu être noté en « religion islamique » que son école ne lui a pas donné son diplôme. Mais Samir fait la fierté de tous les chrétiens irakiens déplacés. Nous prions pour que son sourire reste sur son visage, qu’il garde la joie dans son cœur. Tous les Irakiens placent leurs espoirs dans leurs enfants parce qu’ils sont l’avenir. »

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner

La longue tragédie des chrétiens d’Orient

Un dossier bien documenté édité par le journal La Croix.

Cliquez sur le lien ci-dessous :

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