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Cela fait un an que les chrétiens de Mossoul attendent leur libération

Chaque semaine, « La Croix » donne la parole à un chrétien d’Orient.
Sahar Mansour, professeur à l’université de Mossoul,a fui devant l’avancée de Daech  l’été dernier avec sa mère et sa sœur.
Elle est aujourd’hui réfugiée à Erbil, au Kurdistan irakien.

« Demain, le 10 juin, il y aura un an que la tragédie de l’exil des chrétiens de Mossoul a commencé. La croix est encore lourde sur leurs épaules et la douleur toujours plus profonde. D’autant que cet anniversaire coïncide avec celui– le huitième – du martyre du P. Ragheed Garni et de ses trois     sous-diacres Ghassan, Basman et Waheed, tués à bout portant alors qu’ils venaient de célébrer la messe le 3 juin 2007 à Mossoul.

Chaque jour, nous nous demandons : « Pourquoi avons-nous été chassés de nos maisons? Pourquoi sommes-nous toujours persécutés? Pourquoi faut-il avoir peur et devoir fuir?»

Les mois s’écoulent depuis notre exil : les paysans ne cultivent plus leurs terres. Cette année, pas de récolte de blé, d’orge, de fruits et de légumes. Ils ont appris avec tristesse que Daech a brûlé des terres agricoles et des centaines d’oliviers, célèbres dans les villages chrétiens pour la production d’huile d’olive et de savon.

Nous observons aussi le silence honteux des cheikhs et imams de Mossoul, à l’intérieur et à l’extérieur de la ville, comme s’ils étaient incapables de contrer le pouvoir des « takfiristes » (extrémistes islamistes) qui permettent à cette organisation de tenir.

Nous sommes confiants dans le Seigneur B continue à nous murmurer à l’oreille : «N’aie pas peur. » Mais malgré la mobilisation de nos patriarches, de nos évêques et de nos prêtres dans les médias, les confé­rences internationales, la situation est misérable: les chrétiens se sentent perdus, pauvres et déplacés dans leur pays, s’ils peuvent encore dire qu’il est le leur…

Les autorités nous font des promesses. Depuis le début, nous savons que notre problème ne sera pas simple à résoudre ; aujourd’hui nous sentons qu’il n’y aura pas de fin. Les gens espéraient la libération de Mossoul et de la plaine de Ninive, mais l’inverse s’est produit: les provinces sont tombées l’une après l’autre. Les exilés sentent que cette nouvelle vie n’est pas une parenthèse.

Certains d’entre eux gardent le sourire comme un symbole d’espoir et de force, ils veulent continuer à suivre leurs rêves. L’un d’eux s’appelle Samir Harraq. Il a neuf ans. Un garçon toujours joyeux, énergique, très intelligent. Depuis son plus jeune âge, il joue aux échecs comme un champion, il aime la musique et la lecture et a une grande passion pour les histoires de la Bible.

Depuis qu’il a fui Mossoul avec sa famille, il reste un exemple de fermeté. À l’école, il est premier C’est seulement parce qu’il est chrétien et qu’il n’a pas pu être noté en « religion islamique » que son école ne lui a pas donné son diplôme. Mais Samir fait la fierté de tous les chrétiens irakiens déplacés. Nous prions pour que son sourire reste sur son visage, qu’il garde la joie dans son cœur. Tous les Irakiens placent leurs espoirs dans leurs enfants parce qu’ils sont l’avenir. »

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner

La longue tragédie des chrétiens d’Orient

Un dossier bien documenté édité par le journal La Croix.

Cliquez sur le lien ci-dessous :

                                 ebook-longue-tragedie-chretiens-orient

Il faut sauver les chrétiens d’Orient !

  • Un article de Jacques Julliard, paru dans l’hebdomadaire Marianne du        6 au 12 mars 2015 :

« Un des enjeux cachés des guerres qui ensanglantent Ie Proche-Orient depuis des années, c’est l’éradication du christianisme des Iieux dans lesquels il est né. Depuis peu, le mouvement s’est accéléré,……….[Lire la suite] »

Charlie Hebdo : ont-ils agi au nom de Dieu ?

Les terroristes qui ont déclaré la guerre à Charlie Hebdo ont-ils agi au nom de Dieu et de l’islam ?
La question – redoutable – se pose aux musulmans d’abord. Cet extrémisme djihadiste a-t-il vraiment quelque chose à voir avec leur foi ;
ou est-ce une dérive terroriste d’hommes perdus, qui se parent faussement des habits de l’islam ?
La plupart des responsables religieux et des croyants (ou incroyants) musulmans n’ont pas de doute : pour eux, cette référence à leur religion est dévoyée, ils n’ont rien à voir avec les tueurs et condamnent sans ambiguïté leur violence ;
certains s’agacent même de devoir se justifier, alors qu’ils se sentent pleinement français, pleinement citoyens, pleinement républicains.

En revanche, certains y lisent précisément la marque de l’islam, d’un rapport littéral aux textes, d’une vision intégraliste du monde qui ne laisserait aucun espace à la liberté de conscience, au pluralisme religieux, à la critique théologique, mais précisent que cela ne représente pas tout l’islam  ; d’autres au contraire globalisent l’analyse. Leur peur peut alimenter une islamophobie qui, dans une spirale infernale, se traduit en actes ou propos haineux contre des lieux ou des personnes.

Croyants ou non-croyants, il nous faut accepter – même si elle nous fait horreur – l’idée que le nom de Dieu n’est pas absent de ces actes, parce que des terroristes le proclament haut et fort.
Parce qu’en d’autres périodes noires de l’Histoire, il fut abondamment utilisé par des chrétiens.
Accepter l’idée et la contester. Aux croyants de dire – et prouver – que le Dieu auquel ils croient est un Dieu de paix et d’amour, qu’il appelle mais ne contraint pas, qu’il libère et n’assujettit pas, qu’il unit et ne divise pas…
Aux non-croyants d’admettre que la religion ne se résume pas à ses dévoiements et que le rejet de Dieu conduisit aussi à d’épouvantables tragédies. Un des caricaturistes assassinés confiait un jour en substance au micro de France Info : un humoriste ne peut pas croire en Dieu. Dieu serait-il imperméable à l’humour ?
En lisant la chaîne des hommages de tous ceux (dont le pape) qui, un jour, se sont vus moqués, parfois méchamment, à la « une » deCharlie Hebdo, en écoutant le glas sonner à Notre-Dame comme à Lourdes pour des victimes qui s’affichaient volontiers mécréantes, il est permis d’en douter… L’humour, décidément, n’a ni camp ni frontières.

Dominique Quinio
Journal la Croix du 8 janvier 2015

l’éditorial de Jacques Julliard de janvier 2014

Le titre de l’article peut agacer mais le contenu de l’édito est intéressant à lire :

editorial de Jacques Julliard_janv2014_001

Lire l’éditorial de Jacques Julliard_janv2014

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